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An exhibition too far? Ask not what America will do for you…

2 August 2020

Museums and galleries today face colossal problems of how to raise the funds to survive. The ticketed loan exhibition has for many years been seen as the panacea, but the pandemic has put an end to that, for the time being at least. It is perhaps worth remembering that these exhibitions have always been fraught with difficulties, and there is nothing new in the tension between conservation and revenue generation. As I have frequently discussed, the particular risks of transporting pastels to temporary exhibitions have been known for centuries and create real difficulties for those who look after them.

Nothing better illustrates this than the precious collection of La Tour pastels which the artist’s brother bequeathed to the École de dessin in Saint-Quentin. The history of their removal during two world wars is recounted in a number of sources, and you can also find a summary of their loans to temporary exhibitions in §v.1 of my Prolegomena. During the course of my work on La Tour I have been going through the minutes of the meetings of the committee of the Ecole de dessin where (among many other things) these loan requests are documented. I am most grateful to Hervé Cabezas (who has published several accounts of the migration of the collection cited in the Prolegomena) for helping me do so. Much of the numerous volumes of “délibérations” is rather dry and tedious (except for specialists), but occasionally a spot of drama emerges, and the episode below is an excellent example recorded in the language of the time. Minutes of today’s trustee meetings tend to be drafted with the Freedom of Information Act in mind, so all the interesting bits are omitted.

By way of context (this episode is set in 1927), the musée Antoine-Lécuyer had been destroyed during World War I, and funds were desperately needed to rebuild it – construction of the present building started the year after this episode, but this is how the building then looked:

SQmAL

However (one has to be careful how one puts this) the pastels the Germans had seized had remained safe, and been repatriated. They had been temporarily exhibited in the Louvre, and a number were lent to the great pastel exhibition in Paris in 1927. This gave (some of the committee) more confidence to consider the bigger adventure which is the subject of the minutes that follow. (Within a few years of the episode below the committee resolved never again to expose their pastels to the risks of transport. This position was maintained – “une règle infrangible qui n’est susceptible d’aucune exception” – despite pressure on one occasion even from Léon Blum, président du Conseil …but that is another story.)

The members of the committee were mostly local industrialists and benefactors. The president, Maurice Mathieu (1880–1968), was a civil servant who showed a great interest in the École during his term of office at Saint-Quentin.

Édouard_Vuillard,_David_David-Weill,_1925David David-Weill (1871–1952), the banker, major collector and philanthropist, was a donor to the Louvre and The Metropolitan Museum of Art as well as being founder of the Société des Amis du musée Antoine-Lécuyer at Saint-Quentin. He had spent the first 12 years of his life in the USA  (above is his portrait by Edouard Vuillard, 1925).

Joseph-Breck_1917

“M. Brecke” was Joseph Breck (1885–1933), an energetic curator of decorative arts at the Met who died too young (he was not in fact the museum’s director): above, photographed c.1917.

Jean Guiffrey (1870–1952), son of the art historian Jules Guiffrey, was conservateur at the département des peintures at the Louvre. He seems by the time of this episode (having already organised numerous loan exhibitions) to have forgotten what he wrote in 1908 in a review (in the Monatshefte für Kunstwissenschaft) of the previous great exhibition, of “Cent pastels” (to which Saint-Quentin did not send any – the lenders were almost all in Paris):

La fragilité extrême de ces délicates peintures, que le moindre heurt peut endommager, pouvait justement faire hésiter les possesseurs de ces chefs d’œuvre à les confier à des étrangers, si zélés et si soigneux qu’ils puissent être: il fallut toute la bonne grâce persuasive et l’ingénieuse charité d’une grande dame [the marquis de Ganay, who headed the organising committee in 1908], aidée d’un petit nombre d’amateurs très délicats, pour vaincre ces hésitations et réussir au mieux cette difficile entreprise.

Guiffrey’s confidence in the safety of the Compagnie générale transatlantique’s ships seems curiously narrow (dozens of major maritime losses occurred in peacetime from poor weather, collisions and other causes, involving ships of every flag). Between the dates of the two committee meetings, the Italian SS Principessa Mafalda sank (as a result of mechanical failure) with the loss of 314 people and a large cargo.

The texts below are complete, and I have retained the original spelling. In 1927 there were 25 francs to the US dollar, and 5 US dollars to the pound sterling; to adjust for inflation multiply by at least 50.

Read to the end.

 

Séance extraordinaire du 17 octobre 1927

Le Bureau d’Administration de l’Ecole De La Tour s’est réuni en séance extraordinaire le lundi 17 oct. 1927 à 14h¼  sous la présidence de M. Mathieu, Sous-Préfet.

Etaient présents : M.M. Braun, Dutilleul, Flinois, Greisch, Hachet, Mailliet, Petit, Tricoteaux, Trocmé.

Excusés : M.M. Honoré, Jourdain et Blondel.

M. le Président expose que, dans le but de procurer à la Société des Amis du Musée De La Tour et par conséquent à l’Ecole des ressources supplémentaires, il a songé à faire appel aux mécènes américains, mais qu’avant de mettre son projet à l’exécution il s’est inquiété auprès de personnalités compétentes de savoir si sa tentative aurait quelque chance de succès. Devant les réponses peu satisfaisantes qui lui ont été faites, il a dû chercher autre chose. Après échange de vues, M. David Weill lui a ménagé une entrevue avec M. Brecke, Directeur du « Metropolitan Museum de New-York, » de passage à Paris.

Au cours de la conversation, dit-il, en parlant des pastels de De La Tour M. Brecke me demanda pourquoi je ne chercherais pas un homme compétent, ami des Arts, qui se chargerait d’attirer l’attention du public sur le Musée de St. Quentin et son Ecole de dessin pat une réclame appropriée. Pourquoi, par exemple, ne pas envisager à New-York une exposition du genre de celle qui a été récemment faite à la Salle Charpentier ? Sa réussite amènerait des concours précieux et des ressources abondantes. Je lui exposai, ajoute M. le Sous-Préfet, les risques d’une semblable opération : la fragilité des pastels, leur détérioration possible par suite de mauvais emballage, la perte totale en cas de naufrage ou d’incendie, les risques de vol ou de substitution. En tout cas, ajoutai-je, je n’envisagerai rien dans ce sens, sans m’entourer des avis des membres du Conseil d’Administration de la Société des Amis De La Tour qui comprend les conservateurs des Musées Nationaux et des amateurs d’art, et sans l’assentiment des Membres du Bureau d’Administration de l’Ecole De La Tour.

Le Conseil d’Administration fut réuni la semaine dernière. Un certain nombre de membres émirent des doutes tant sur la possibilité de donner suite au projet que sur les résultats probables.

M. Guiffrey, Conservateur des peintures du Musée du Louvre, déclara tout d’abord ne pas être aussi pessimiste que ses collègues. Je ne crois pas, dit-il, au danger d’altération des pastels. Ils ont couru pendant la guerre, et même auparavant lorsqu’ils se trouvaient dans les cartons des élèves, bien d’autres risques. Ils ont depuis longtemps perdre leur fleur. Avec un double emballage spécial il ne peut rien leur arriver de fâcheur. En ce qui concerne les dangers de naufrage, il n’y en a pas eu à la Cie transatlantique depuis 50 ans. Ce serait bien le diable si le bateau transportant les pastels venait à couler. Reste la question de vol ou de substitution. Un mandataire spécial pourrait les accompagner et ne pas les perdre de vue. Rien à craindre de ce chef. J’estime donc, ajoutait M. Guiffrey, les risques réduits à leur plus simple expression. J’irai même plus loin : Pour ma part, je ne verrais aucun inconvénient à ce que l’exposition fût faite dans les principales villes des Etats-Unis : Chicago, Boston, etc…. C’est 2 millions de francs peut-être que vous en rapporteriez. »

A la suite de cette déclaration faite par un homme aussi qualifié que M. Guiffrey dont la compétence est indiscutable en cette matière, l’assemblée donna un avis favorable à l’exposition des pastels à New-York.

M. le Président déclare ensuite avoir examiné avec ces Messieurs, la question des ressources que pourrait procurer une exposition des pastels où le public serait admis moyennant un droit d’entrée. Les prix d’entrée dans les Musées, en Amérique, étant extrêmement réduits (25 cents habituellement), quel que soit le nombre des visiteurs, il ne faut pas compter sur des résultats bien brillants.

Mais une autre combinaison, plus avantageuse, est possible : procéder par souscription. Un comité d’amateurs d’art (tels que M.M. Rockfeller, Morgan, Blumenthal, etc.) que le Directeur du Metropolitan Museum constituerait, solliciterait les mécènes américains, et lorsqu’on saurait que c’est pour le Musée de St Quentin détruit pendant la guerre, les dons ne manqueraient pas d’affluer. A cet effet, M. Brecke croit pouvoir affirmer (il donnera une réponse définitive dans quelques jours, après son retour à New-York) que le Comité constitué garantirait une somme minimum de 25.000 dollars. Si on en déduit les frais d’emballage, de transport, d’assurances (pour une somme de 60.000.000) de déplacement et de séjour de la personne chargée de la surveillance des pastels, on arrive à 150.000 f. En mettant les choses au maximum, soit 225.000 f, le bénéfice à retirer serait d’environ 400.000f. Ce qui n’est pas à dédaigner quand on songe aux dépenses à envisager pour réinstaller définivement [sic] les pastels.

M. le Président ouvre la discussion et sollicite l’opinion du Bureau.

M. Greisch déclare ne pouvoir assumer la responsabilité d’une semblable opération, la somme payée pour les assurances en cas de perte (60.000.000f) si énorme soit-elle, ne pouvant compenser la perte irréparable que causerait, non seulement à l’Ecole, mais à la Nation, la disparition de ce trésor incomparable. Les précautions les plus minutieuses ne mettront pas à l’abri d’un tel danger. Il ajoute que le Bureau n’est que le dépositaire des pastels et qu’il n’a pas le droit de les exposer à un tel risque, si minime fût-il.

M. le Président réplique que les pastels courent les même dangers au Louvre, qu’ils en ont couru de semblables lors de leur transport à la Salle Charpentier et que personne n’a protesté. Il ajoute : Nous avons le droit, aux termes du testament du Chevalier De La Tour, de les vendre ; nous avons donc à fortiori le droit de les exposer.

M. Trocmé s’associe aux observations présentées par M. Greisch. Il lui apparait qu’il vaudrait mieux inciter les Américains à venir visiter les pastels chez nous que de les leur porter ; il ajoute qu’avant la guerre, le Bureau s’est toujours refusé à envoyer les pastels à Paris.

M. Braun fait remarquer qu’autres temps autres mœurs ; la guerre a modifié bien des choses, les pastels ont été à Maubeuge, à Paris ; il ne voit donc aucun inconvénient à ce qu’ils aillent à New-York, si les résultats en valent la peine et toutes garanties prises.

M. Hachet demande si on ne pourrait aliéner certains pastels pour se procurer les ressources dont on a besoin, le testament du Chevalier De La Tour envisageant la vente pour les besoins de l’Ecole.

M. le Président se déclare opposé à toute aliénation ; mieux vaut, dit-il, en acheter d’autres par la suite qu’en vendre un seul.

M. Trocmé propose d’élever le prix des entrées au Louvre et de le mettre à 20 francs.

M. le Président exprime la crainte que ce relèvement n’éloigne les visiteurs.

M. Petit accepte la proposition, dans l’espoir que cette exposition exciterait les riches Américains à ouvrir leur bourse et appellerait l’attention sur St Quentin. Ce serait une propagande française admirable et fructueuse à la fois.

M. le Président déclare que si le Comité ne garantit pas au minimum 25.000 dolars [sic] en banque, soit 625.000 francs au cours actuel du change, il serait d’avis de ne pas poursuivre cette idée, le jeu n’en valant pas la chandelle. Il revient sur la question des risques. Le seul, d’après lui, c’est le naufrage, risque qui n’est pas considérable, si l’on considère les précautions prises.

M. Dutilleul approuve, parce que la recette lui apparait comme certaine et intéressante.

M. le Président met sa proposition aux voix :

M. Greisch maintient son point de vue.

M.M. Trocmé et Hachet s’associent à ses conclusions.

M. Flinois, hésitant, finit par se rallier à la proposition de rejet.

M. le Président, M.M. Braun, Dutilleul, Mailliet, Petit and Tricoteaux sont d’avis d’accepter les offres faites, sous réserve que toutes les précautions nécessaires seront prises et que la somme de 25.000 dollars sera garantie.

La proposition est ainsi adoptée par 6 voix contre 4.

M. le Maire annonce la nomination de M. Guiffrey au grade d’officier de la Légion d’Honneur. Il propose au Bureau de lui adresser ses félicitations.

La motion est adoptée a l’unanimité.

M. le Président est chargé de faire le nécessaire.

La séance est levée à 16 heures.

Le Secrétaire,             Le Président

/s/                                /s/

 

Copie d’une lettre de protestation contre la séance du 17 oct :

St Quentin, le 19 octobre 1927

A Monsieur le Président

du Bureau de l’Ecole De La Tour.

Monsieur le Président,

Les Soussignés, Membres du Bureau de l’Ecole De La Tour, se voient, à leur grand regret, dans l’obligation de protester contre la décision prise dans la Séance du 17 octobre 1927.

Ils estiment en effet que le texte de la convocation ne permettrait nullement aux Administrateurs de se rendre compte de l’objet de la réunion et de son extraordinaire importance, tandis qu’il aurait dû au contraire les mettre à même de réfléchir à l’avance à la question qui leur serait posée et permettre à ceux qui ne pourraient assister à la Séance de formuler par écrit leur avis. Dans les conditions où elle a été préparée et prise, la décision du 17 Octobre 1927 leur apparaît comme irrégulière et frappée de nullité ; ils font toutes réserves à cet égard.

Ils ne veulent donc pas entrer pour le moment dans la discussion des détails de l’opération projetée. Mais ils doivent dès maintenant déclarer qu’en ce qui les concerne et sans que d’ailleurs leur opinion puisse être à aucun titre considérée comme un blâme à l’égard de ceux de leurs collègues qui ne pensent pas comme eux, ils estiment que le Bureau de l’Ecole, gardien des Pastels De La Tour dont aucun dédommagement pécuniaire ne pourrait compenser la détérioration ou la perte, ne saurait sans outrepasser ses droits et méconnaître ses devoirs, autoriser l’exportation au-delà des mers d’une partie du Trésor artistique dont il a la garde.

Ils vous demandent, Monsieur le Président, de vouloir bien faire insérer leur protestation à la suite du procès-verbal de la Séance du 17 octobre et vous prient de croire à l’assurance de leur considération la plus distinguée.

Signé : J. Blondet, René Jourdain, P. Barbare, Fréderic Hugues , Honoré

 

Réponse de M. le Sous-Préfet, Président.

Sous-Préfecture de St Quentin.    21 octobre 1929

Messieurs,

J’ai l’honneur de vous accuser réception de votre lettre du 19 courant, par laquelle vous élevez une protestation contre la décision prise par le Conseil d’Administration de l’Ecole de dessin De La Tour, dans sa séance du 17 octobre courant.

Il ne m’est pas possible d’accepter que la réunion en question soit qualifiée d’irrégulière, et d’illégale la décision qui a été prise à la majorité des voix des membres présents.

En effet, les convocations pour « cette réunion indiquée comme « exceptionnelle » ont été adressées dans les délais normaux, et si l’ordre du jour ne portait que la mention « Communication de M. le Directeur du Metropolitan Museum de New-York », c’est qu’il n’est pas coutume de faire un long exposé écrit du sujet à traiter pour permettre aux membres du Conseil d’Administration de « réfléchir à l’avance à la question qui leur serait posée. »

Par ailleurs, l’importance de l’objet à l’ordre du jour paraissait suffisamment établie par la nécessité de convoquer « exceptionnellement » le Conseil d’Administration pour cet unique objet.

Je regrette donc vivement que, comme nos autres collègues, vous n’ayez pas cru devoir assister à la séance au cours de laquelle les avantages de l’opération ont fait, ainsi que les inconvénients qu’elle pouvait présenter, l’objet de longs débats.

Par ailleurs, en raison du parfait accord qui a toujours existé entre les membres du Conseil d’Administration et de la courtoisie qui n’a jamais cessé de régner dans les rapports de ses membres entre eux, il n’apparaît pas qu’il fût nécessaire d’invoquer l’irrégularité de la réunion et l’illégalité de la décision prise pour obtenir que l’affaire subît un nouvel examen. Aussi, ne vous dissimulerai-je pas qu’il m’eût été plus agréable de recevoir vos amicales critiques que votre lettre officielle de protestation.

Quoi qu’il en soit, celle-ci sera inscrite in-extenso, à la suite du procès-verbal de la séance du 17, ainsi que vous en manifestez le désir.

J’ajoute que, considérant comme possible que des protestations s’élevassent, je n’ai pris jusqu’à ce jour aucun engagement envers M. le Directeur du Metropolitan Museum. La question reste donc entière et sera discutée à nouveau à la prochaine réunion qui aura lieu vraisemblablement le jeudi 3 novembre et à laquelle je vous serais reconnaissant de vouloir bien cette fois assister.

Une convocation ultérieure sera adressée aux membres du Conseil d’Administration.

Veuillez agréer, Messieurs, l’expression de ma considération distinguée.

Le Sous-Préfet,

Président du Conseil d’Administration

de l’Ecole de dessin De La Tour,

Signé: M. Mathieu.

Séance du 3 novembre 1927

Le Bureau d’Administration de l’Ecole De La Tour s’est réuni au siège habituel de ses déliberations le jeudi 3 nov. 1927 à 14h½ sous la présidence de M. Maurice Mathieu, Sous-Préfet.

Etaient présents : M.M. Barbare, Blondet, Braun, Bucquet, Dutilleul, Flinois, Greisch, Hachet, Honoré, Hugues, Jourdain, Lhomme, Petit, Tricoteaux et Trocmé.

M. le Président donne la parole à M. Flinois, secrétaire perpétuel pour la lecture du procès-verbal de la séance extraordinaire du 17 octobre dernier qui est adopté sans observation.

M. le Président déclare ensuite qu’après la réunion du 17 octobre, une lettre de protestation déposée par M.M. Barbare, Blondet, Honoré, Hugues et Jourdain lui est parvenue concernant ladite réunion. Il en donne lecture ainsi que de la réponse qu’il y a faite et demande que toutes deux soient transcrites au registre des délibérations à la suite du procès-verbal de la séance du 17 oct. Il en est ainsi décidé. M. le Président ajoute que le Bureau étant au complet, il lui serait agréable d’avoir son opinion pour le cas où une exposition des pastels dans une autre ville serait à envisager.

Il fait observer que le testament du Chevalier De La Tour autorise le Bureau à vendre les pastels sous certaines conditions, que pour les vendre, il faut les exposer et par conséquent les faire sortir. Il ajoute que cependant le testament contient une restriction en ce qui concerne le prêt des tableaux en ville qu’il ne permet pas. Ceci posé, il ajoute : « Il résulte de cela que le Bureau a incontestablement le droit d’expatrier momentariément les pastels si l’intérêt de l’Ecole est en jeu. Mais a-t-il le droit de les exposer aux risques inhérents à un voyage au-dela des mers ? Le récent naufrage du Mafalda m’embarrasse beaucoup pour répondre. D’autre part, 25.000 dollars, si tentants soient-ils, sont-ils suffisants pour justifier un tel risque ? Nous avons tous le même désir : conserver le trésor dont nous avons la garde et aussi faire entrer dans la Caisse de la Société les sommes dont elle a tant besoin pour achever son œuvre de reconstitution. Comment concilier tout cela ? Je pourrais m’en tenir aux décisions récemment prises et passer outre à la protestation ; le quorum était atteint puisque, par 6 voix contre 4, l’envoi des pastels à New-York avait été décidé ; mais je préfère reprendre la question pour ne pas être accusé de l’avoir tranchée à la légère.

Avons-nous le droit moral de courir le risque ? Je ne vous cacherai pas qu’à la rénuion du Conseil d’Administration de la Societé des Amis du Musée De La Tour, qui a eu lieu au Louvre, sur 15 membres, 10 au moins étaient tout d’abord opposants à l’exposition à New-York. Ce n’est qu’après avoir entendu M. Guiffrey, qu’il a changé d’avis. J’ai voulu prendre d’autres conseils, celui de M. de Camondo entr’autres qui nous a déclaré que 25.000 dollars, c’était insuffisant, qu’il en faudrait au moins 100.000 !

Quoi qu’il en soit, la question qui se posait il y a 15 jours ne se pose plus aujourd’jui, car j’ai reçu de New-York une communication m’informant qu’il est impossible de former un comité qui puisse garantir la somme convenue.

En conséquence, je considère l’incident comme clos. Mais si le Conseil d’Administration veut profiter de ce qu’il est au complet pour examiner la question, je suis prêt à ouvrir la discussion.

 

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